Syndrome de May-Thurner (syndrome de Cockett) : diagnostic et traitement

Publié le 11 juin 2026 .

Interventions

Souvent méconnu du grand public, le syndrome de May-Thurner, aussi appelé syndrome de Cockett, correspond à une compression veineuse pouvant favoriser la survenue de thromboses. Son diagnostic repose sur des examens d’imagerie précis et sur des arguments cliniques, tandis que sa prise en charge s’appuie aujourd’hui largement sur des techniques mini-invasives.
Voici l’essentiel à connaître pour mieux comprendre cette pathologie vasculaire.

Syndrome May-Thurner Cockett diagnostic traitement | Dr Laouisset | Val-de-Marne

En résumé
Le syndrome de May-Thurner correspond à une compression de la veine iliaque gauche favorisant les thromboses. Son diagnostic repose sur des examens d’imagerie comme le scanner ou la phlébographie. La radiologie interventionnelle permet aujourd’hui un traitement efficace par angioplastie et pose de stent.
Les résultats sont globalement très satisfaisants avec un suivi adapté.

Une prise en charge spécialisée, notamment à IMEF, optimise les chances de récupération.
 

Qu’est-ce que le syndrome de May-Thurner ?

Dans de nombreux cas, la radiologie interventionnelle joue un rôle central dans la compréhension et la prise en charge du syndrome de May-Thurner, une pathologie vasculaire encore sous-diagnostiquée.
Ce syndrome correspond à une compression de la veine iliaque gauche par l’artère iliaque droite, au niveau du bassin. Cette configuration anatomique entraîne un ralentissement du flux sanguin, favorisant la formation de caillots (thrombose veineuse profonde), notamment quand il existe des facteurs de risque associés (usage de contraceptifs oraux, sédentarité, thrombophilie comme les mutations du facteur V Leiden, les déficits en protéine S, C ou en antithrombine III).

Bien que cette particularité anatomique soit relativement fréquente dans la population, elle ne provoque pas toujours de symptômes.
En revanche, chez certains patients, elle peut entraîner :

  • un syndrome de congestion pelvienne (douleurs pelviennes chroniques, signes fonctionnels urinaires, dyspareunie avec douleur post coïtale, hémorroïdes
  • une douleur ou une sensation de lourdeur dans la jambe gauche
  • un gonflement (œdème) du membre inférieur
  • des varices atypiques (situées hors des territoires saphènes), ou récidivantes après une chirurgie
  • dans les cas les plus sévères, une thrombose veineuse profonde

Le syndrome a été décrit pour la première fois dans les années 1950 par les médecins May et Thurner, puis précisé par Cockett.
Aujourd’hui, grâce aux avancées en imagerie, des centres spécialisés comme l’Imagerie Médicale de l’Est Francilien (IMEF) participent activement à son identification et à sa prise en charge.

Comment poser le diagnostic avec précision ?

Le diagnostic du syndrome de May-Thurner repose sur des arguments cliniques et sur l’imagerie médicale. Il est essentiel d’identifier à la fois la compression anatomique et ses conséquences cliniques, afin de ne pas surtraiter les patients.

Plusieurs examens peuvent être proposés :

  • L’échographie Doppler veineuse : souvent réalisée en première intention, elle permet de détecter une thrombose ou des anomalies de flux, mais peut être limitée pour visualiser la compression pelvienne
  • Le scanner (angioscanner) : il offre une visualisation précise des structures vasculaires et de la compression
  • L’IRM (angio-IRM) : alternative sans irradiation, utile dans certaines situations
  • La phlébographie : examen réalisé en radiologie interventionnelle, pouvant être couplé à une mesure des pressions veineuses
  • L’IVUS, ou échographie endovasculaire est considérée comme un examen de référence dans la littérature scientifique, mais elle n’est pas utilisée en pratique clinique courante, car ce dispositif coûteux n’est pas remboursé par la sécurité sociale

La phlébographie permet non seulement de confirmer le diagnostic, mais aussi de proposer un traitement dans le même temps.
C’est dans ce contexte que des structures expertes comme IMEF à Champigny-sur-Marne interviennent, en combinant expertise diagnostique et thérapeutique.

Quels sont les traitements disponibles aujourd’hui ?

La prise en charge du syndrome de May-Thurner dépend de la gravité des symptômes et de la présence ou non d’une thrombose.

Traitement médical

En cas de syndrome de congestion pelvienne, une prise en charge holistique associant notamment traitement médicamenteux, séances de kinésithérapie/ostéopathie, et activité physique régulière, permet de préparer le traitement étiologique endovasculaire.

En cas de thrombose, un traitement anticoagulant est généralement instauré en première intention afin de prévenir l’extension du caillot et les complications emboliques.

Traitement interventionnel

Lorsque la compression est significative et en cas de symptômes persistants, une prise en charge en radiologie interventionnelle est recommandée.

En cas de syndrome de congestion pelvienne, elle consiste à traiter les varices pelviennes par embolisation des varices pelviennes, et à traiter dans le même temps ou secondairement la compression veineuse par la réalisation d’une angioplastie au ballon et la mise en place d’un stent.

Les équipes spécialisées en traitements endovasculaires du centre IMEF disposent de l’expertise et des équipements nécessaires pour assurer ces interventions dans des conditions optimales de sécurité.

Concernant la prise en charge des thromboses veineuses ilio-fémorales aiguës sur syndrome May-Thurner, elle se fait généralement en milieu hospitalier, avec chez des patients sélectionnés la possibilité d’utiliser des techniques de thrombolyse pharmacomécanique dirigée par cathéter. La société française d’imagerie cardio-vasculaire (SFICV) a rapporté en 2023 l’efficacité de cette technique dans la prévention du syndrome post-phlébitique.

Ces gestes sont réalisés sous guidage radiologique, de manière mini-invasive, sans chirurgie lourde.
Ils permettent une récupération rapide et une amélioration significative des symptômes.

Quel suivi et quels résultats attendre ?

Après traitement, un suivi régulier est indispensable pour s’assurer de la bonne perméabilité de la veine et du stent. Ce suivi repose sur des consultations cliniques et sur des examens d’imagerie (angioscanner et/ou écho doppler veineux).

Un traitement antiagrégant plaquettaire est prescrit pour 6 mois après pose de stent dans les compressions veineuses non thrombotiques.

Les résultats sont globalement très satisfaisants. Selon les données de la littérature médicale, le taux de perméabilité des stents veineux dans les compressions veineuses non thrombotiques est supérieur à 95 % à moyen terme.

La qualité de vie des patients s’améliore généralement rapidement, avec une diminution des symptômes du syndrome de congestion pelvienne.

Dans les compressions veineuses thrombotiques, un traitement anticoagulant est poursuivi pendant plusieurs mois. Dans l’étude de la SFICV de 2023, le taux de perméabilité primaire et secondaire après traitement endovasculaire était respectivement de 89.6% et 95.8%. Le taux de syndrome post-phlébitique était de 13.8% à 1 an.

Le recours à un centre spécialisé comme IMEF, reconnu pour son expertise en prise en charge des pathologies veineuses, permet d’optimiser ces résultats grâce à une approche personnalisée et coordonnée.

En conclusion

Le syndrome de May-Thurner est une pathologie vasculaire encore trop souvent méconnue, mais dont les conséquences peuvent être importantes en l’absence de diagnostic.
Grâce aux progrès de l’imagerie et de la radiologie interventionnelle, il est aujourd’hui possible de poser un diagnostic précis et de proposer des traitements efficaces, peu invasifs et durables.

Une prise en charge spécialisée, comme celle proposée à Champigny-sur-Marne par IMEF, permet d’améliorer significativement le parcours de soins et la qualité de vie des patients.

Article rédigé par DR LAOUISSET

Le docteur Liess Laouisset est radiologue interventionnel depuis plus de 10 ans. Découvrez ses actualités