Douleurs abdominales révélatrices d’un angiomyolipome à risque : l’embolisation en première ligne

Publié le 07 mai 2026 .

Pathologies

La radiologie interventionnelle permet aujourd’hui de traiter de nombreuses pathologies de manière ciblée, avec des techniques mini-invasives guidées par l’imagerie. À travers ce cas clinique, le Dr Laouisset illustre concrètement l’intérêt de ces approches, tant en termes de précision que de récupération pour le patient.

Douleurs abdominales révélatrices d’un angiomyolipome à risque | Dr Laouisset | Val-de-Marne

Le contexte

Une patiente de 26 ans, sans antécédents particuliers, a consulté à plusieurs reprises pour des douleurs abdominales invalidantes ayant motivé la réalisation d’un scanner abdomino-pelvien.

Cet examen a mis en évidence un angiomyolipome rénal droit mesurant 6 cm de grand axe, caractérisé par la présence de graisse intralésionnelle et associé à des stigmates d’hémorragie périlésionnelle (cf ci dessous), sans signe de saignement actif ni retentissement biologique.

La décision médicale

Au vu de la taille lésionnelle (> 4 cm) et du risque hémorragique, une prise en charge a été discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire, avec indication d’un traitement par embolisation artérielle suprasélective.

L’intervention

Après réalisation d’un angioscanner de repérage (figure 2), le geste a été effectué sous sédation, par abord fémoral commun droit sous guidage échographique avec mise en place d’un introducteur 4F.

Le cathétérisme de l’artère rénale droite a été réalisé à l’aide d’un cathéter Cobra2 Terumo® Glide 4F, permettant l’identification d’un pédicule artériel principal vascularisant le pôle supérieur de la lésion (figure 3).

Une cathétérisation suprasélective a été obtenue à l’aide d’un microcathéter 2.4F Maestro (Merit Medical®). Les injections angiographiques ont confirmé une vascularisation tumorale exclusive (figure 4), sans atteinte du parenchyme rénal adjacent.

L’embolisation a été réalisée à l’aide de 2ml de microsphères de 300–500 µm (Merit Medical®), injectées en flux libre, jusqu’à obtention d’un ralentissement circulatoire significatif.

Les suites

Le contrôle final a objectivé une dévascularisation tumorale estimée à environ 95 % (figure 5). Une vascularisation résiduelle minime persistait via une branche artérielle non cathétérisable, conduisant à l’arrêt du geste devant ce résultat jugé satisfaisant.

Les suites ont été simples, marquées par un syndrome post-embolisation durant environ 4 jours, bien contrôlé par un traitement antalgique associant paracétamol, anti-inflammatoires non stéroïdiens et néfopam (Acupan), avec recours limité à la morphine.

Le résultat

La patiente a pu sortir dès J1, sans complication au point de ponction fémoral.

Le suivi à 1 mois a confirmé une évolution clinique favorable.

Article rédigé par DR LAOUISSET

Le docteur Liess Laouisset est radiologue interventionnel depuis plus de 10 ans. Découvrez ses actualités