Cathétérisme tubaire : pourquoi et comment se déroule cette intervention ?

Publié le 14 octobre 2026 .

Interventions

Trompes bouchées, bilan d’infertilité qui s’enlise, cœlioscopie redoutée : l’exploration tubaire soulève beaucoup de questions. Le cathétérisme tubaire, réalisé dans le prolongement d’une hystérosalpingographie, vise à lever un obstacle situé à l’entrée de la trompe, sans incision ni hospitalisation.
Voici pourquoi ce geste est proposé, comment il se déroule concrètement et ce que l’on peut raisonnablement en attendre.

Cathétérisme tubaire pourquoi comment déroule intervention | Dr Laouisset | Val-de-Marne

En résumé
Le cathétérisme tubaire prolonge l’hystérosalpingographie lorsqu’un obstacle est détecté à l’entrée d’une trompe. Réalisé sous contrôle radioscopique, sans incision ni hospitalisation, il distingue d’abord les fausses occlusions (spasme, bouchon muqueux) des vraies obstructions, puis tente de rétablir la perméabilité.
Les taux de succès technique atteignent 80 à 90 %, avec une grossesse dans environ 30 % des cas. Les suites se limitent le plus souvent à des crampes et de légers saignements.
Le centre IMEF propose ce parcours à Champigny-sur-Marne, en lien avec le gynécologue prescripteur.
 

Pourquoi explorer les trompes avant d’aller plus loin ?

Passer une hystérosalpingographie dans le Val-de-Marne répond presque toujours à une situation précise : une grossesse qui ne vient pas malgré des rapports réguliers. En France, un couple sur quatre en désir d’enfant ne parvient pas à concevoir, et une pathologie tubaire est impliquée dans 25 à 35 % des infertilités.
Depuis 2022, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français recommande d’explorer le couple après douze mois d’infertilité avant 35 ans et après six mois au-delà, et retient l’hystérosalpingographie en première intention pour évaluer la perméabilité tubaire.
À Champigny-sur-Marne, le centre Imagerie Médicale de l’Est Francilien (IMEF) réalise cet examen sur prescription, généralement après une échographie pelvienne, sur un plateau technique dédié à la radiologie interventionnelle.
L’intérêt est double : comprendre l’origine du blocage et, parfois, le traiter dans le même temps, sans passer d’emblée par la chirurgie.

Cathétérisme tubaire : de quoi parle-t-on exactement ?

Le mot peut impressionner, la réalité est plus simple. Le cathétérisme tubaire consiste à glisser un microcathéter jusqu’à l’entrée d’une trompe pour franchir un obstacle dit proximal, c’est-à-dire situé dans la portion la plus proche de l’utérus.
Cette distinction est capitale : les atteintes distales ne sont pas accessibles à ce type de désobstruction et constituent même une contre-indication, en raison du risque de dissémination infectieuse. Elles relèvent d’une prise en charge chirurgicale gynécologique.
Autre point rassurant, une trompe qui paraît bouchée ne l’est pas toujours : le spasme tubaire et le bouchon muqueux représentent plus de 40 % des obstructions proximales visualisées en hystérosalpingographie et correspondent davantage à des « pseudo-occlusions ». Les causes réelles sont variées, de la salpingite isthmique nodulaire aux séquelles infectieuses, en passant par l’endométriose tubaire.
Le geste a donc une double valeur, diagnostique d’abord, thérapeutique ensuite, ce qui évite parfois une exploration chirurgicale inutile en cas d’infertilité tubaire.

Comment se déroule l’intervention, étape par étape ?

L’examen est programmé en première partie de cycle, après les règles, avec un dosage de β-hCG afin d’écarter une grossesse débutante : les fiches d’information hospitalières retiennent habituellement une fenêtre située entre le 3e et le 10e jour du cycle, à compter du premier jour des règles. Une infection génitale est recherchée et, si elle est suspectée, l’examen est reporté.
Il n’est en général pas nécessaire d’être à jeun, et le retour à domicile se fait le jour même. Installée en position gynécologique, après antisepsie, vous recevez un spéculum puis une fine canule au niveau du col. Le produit de contraste iodé est injecté et des clichés suivent sa progression.
En cas d’obstacle, un microcathéter est dirigé vers l’orifice tubaire : la simple opacification sous injection manuelle permet d’obtenir un passage péritonéal dans 70 % des cas. Sinon, un guide souple autorise de très fins mouvements de va-et-vient, avant une salpingographie de contrôle.
Le détail technique complet est décrit sur notre fiche hystérosalpingographie et cathétérisme tubaire.

Quels résultats peut-on espérer après le geste ?

Les données publiées sont plutôt encourageantes. Dans une série de référence, le cathétérisme de la trompe a été réussi dans 92 % des cas et la recanalisation d’une trompe obstruée dans 61 % des situations, 82 % des patientes ressortant avec au moins une trompe perméable.
Les taux de succès de la recanalisation varient globalement entre 80 et 90 % selon les études.
Côté fertilité, le taux de grossesse après cathétérisme réussi varie de 21 à 48 % selon les séries, pour une moyenne de l’ordre de 30 %, une grossesse survenant généralement dans les six mois suivant la procédure.
Deux nuances à connaître : une ré-obstruction est observée chez environ la moitié des patientes à un an, et le risque de grossesse extra-utérine dépend de l’étendue des lésions tubaires.
En cas d’échec, la cœlioscopie ou l’assistance médicale à la procréation reprennent naturellement leur place.

Douleurs, risques et suites : à quoi s’attendre ?

La tolérance est généralement bonne. Les douleurs ressemblent à des crampes de règles et cèdent le plus souvent avec un antalgique ou un antispasmodique.
De petits saignements et un écoulement du produit de contraste sont habituels pendant un à deux jours : une protection périodique suffit.
Les complications sérieuses, elles, restent rares, mais méritent d’être connues :

  • une infection pelvienne, exceptionnelle sous couverture antibiotique adaptée ;
  • une réaction au produit de contraste iodé, très peu fréquente par cette voie ;
  • une perforation tubaire, décrite comme un risque essentiellement théorique.

Consultez rapidement en cas de fièvre, de douleurs intenses persistantes, de pertes malodorantes ou de saignements abondants.
À l’issue de l’examen, un compte rendu est transmis à votre gynécologue prescripteur, qui décidera de la suite.

En conclusion

Le cathétérisme tubaire est une option mini-invasive, ambulatoire et bien codifiée, qui complète l’hystérosalpingographie lorsque l’obstruction siège à l’entrée de la trompe. Il permet d’écarter une fausse occlusion, de restaurer la perméabilité dans une majorité de cas et, parfois, d’obtenir une grossesse spontanée sans chirurgie.
La décision se prend toujours au cas par cas, après avis médical.
Pour un rendez-vous à Champigny-sur-Marne, l’équipe reste joignable via la page contact ou à l’Hôpital Privé Paul d’Égine.

Sources

FAQ

Le cathétérisme tubaire est-il douloureux ?

Les sensations décrites ressemblent à des crampes menstruelles, parfois intenses mais brèves. Un antispasmodique ou un antalgique est généralement recommandé avant l’examen. La douleur cède habituellement dans les heures qui suivent.

Combien de temps dure l’intervention ?

Comptez en moyenne entre 20 minutes et 1 heure, selon l’anatomie, le nombre de clichés nécessaires et la réalisation ou non d’une salpingographie sélective. L’examen se déroule en ambulatoire, avec retour à domicile le jour même.

Faut-il être à jeun ?

Non, il n’est pas nécessaire d’être à jeun pour une hystérosalpingographie avec cathétérisme tubaire. Suivez toutefois les consignes précises transmises lors de la prise de rendez-vous, notamment concernant l’antibiothérapie éventuelle.

Quand peut-on espérer une grossesse après le geste ?

Lorsque la perméabilité est rétablie, les grossesses surviennent le plus souvent dans les six mois suivant la procédure. Le taux moyen rapporté dans la littérature est d’environ 30 %, variable selon l’âge et les autres facteurs de fertilité du couple.

Le cathétérisme tubaire remplace-t-il la FIV ?

Non. Il s’agit d’une étape intermédiaire qui peut permettre d’éviter ou de retarder des techniques plus lourdes. En cas d’échec, l’assistance médicale à la procréation ou la cœlioscopie restent indiquées, sur décision du gynécologue.

Peut-on le faire si une seule trompe est bouchée ?

Oui, une obstruction proximale unilatérale peut justifier le geste, notamment pour confirmer qu’il ne s’agit pas d’une fausse occlusion liée à un spasme ou à un bouchon muqueux.

Quand reprendre une activité normale ?

La reprise des activités courantes est possible dès le jour même ou le lendemain. En cas de fièvre, de douleurs importantes ou de pertes inhabituelles dans les jours suivants, une consultation rapide s’impose.

Article rédigé par DR LAOUISSET

Le docteur Liess Laouisset est radiologue interventionnel depuis plus de 10 ans. Découvrez ses actualités