Embolisation de l’adénomyose : une solution pour réduire les douleurs et saignements

Publié le 17 septembre 2026 .

Interventions

Longtemps limitée à des traitements médicamenteux ou à la chirurgie, la prise en charge de l’adénomyose a évolué ces dernières années. Parmi les solutions mini-invasives disponibles, l’embolisation utérine suscite un intérêt croissant pour soulager les douleurs pelviennes et réduire les saignements abondants.
Quels sont ses bénéfices, ses limites et dans quels cas peut-elle être envisagée ?

Embolisation adénomyose solution réduire douleurs saignements | Dr Laouisset | Val-de-Marne

En résumé
L’adénomyose est une maladie gynécologique bénigne pouvant provoquer douleurs pelviennes et règles abondantes. Lorsque les traitements médicaux ne suffisent plus, l’embolisation utérine peut être envisagée. Cette technique de radiologie interventionnelle réduit l’apport sanguin des zones atteintes afin de diminuer les symptômes.
Mini-invasive, elle permet souvent une récupération rapide et une amélioration durable de la qualité de vie.

Une évaluation spécialisée reste indispensable pour déterminer si cette option est adaptée à chaque patiente.
 

Comprendre l’adénomyose et ses conséquences au quotidien

Lorsqu’elle est symptomatique, l’embolisation de l’adénomyose fait aujourd’hui partie des options thérapeutiques étudiées pour améliorer la qualité de vie des patientes. L’adénomyose est une affection gynécologique bénigne caractérisée par la présence de tissu semblable à l’endomètre à l’intérieur du muscle utérin, appelé myomètre.
Cette infiltration entraîne une réaction inflammatoire chronique susceptible de provoquer différents symptômes parfois invalidants.

L’adénomyose touche principalement les femmes âgées de 35 à 50 ans, même si elle peut être diagnostiquée plus tôt grâce aux progrès de l’imagerie médicale.
Les symptômes les plus fréquents sont des règles abondantes (ménorragies), des douleurs menstruelles importantes (dysménorrhées), des douleurs pelviennes chroniques ainsi qu’une sensation de pesanteur dans le bas-ventre.

Chez certaines patientes, ces manifestations peuvent avoir un impact significatif sur la vie personnelle, sociale et professionnelle. La fatigue liée aux pertes sanguines importantes, parfois associée à une anémie, constitue également un motif fréquent de consultation.

Le diagnostic repose principalement sur l’imagerie médicale, notamment l’IRM pelvienne, considérée comme l’examen de référence pour caractériser précisément l’atteinte utérine.
Grâce à cette expertise diagnostique, des centres spécialisés comme lImagerie Médicale de l’Est Francilien (IMEF) peuvent contribuer à orienter les patientes vers la stratégie thérapeutique la plus adaptée à leur situation.

Pourquoi envisager une embolisation en cas d’adénomyose ?

La prise en charge de l’adénomyose dépend de plusieurs facteurs : intensité des symptômes, âge de la patiente, désir de grossesse, étendue de la maladie et efficacité des traitements déjà essayés.

Les traitements médicamenteux constituent généralement la première étape. Ils peuvent inclure des anti-inflammatoires, des traitements hormonaux ou la pose d’un dispositif intra-utérin diffusant un progestatif.
Toutefois, certaines patientes présentent une réponse insuffisante ou développent des effets indésirables limitant leur utilisation.

Lorsque les symptômes persistent malgré ces approches, plusieurs alternatives peuvent être discutées.
Historiquement, l’hystérectomie représentait souvent la solution définitive dans les formes sévères. Cependant, cette intervention chirurgicale implique l’ablation de l’utérus et nécessite une hospitalisation ainsi qu’un temps de récupération plus important.

L’embolisation utérine apparaît aujourd’hui comme une option intermédiaire permettant de traiter les symptômes sans recourir à une chirurgie lourde.
Initialement développée pour la prise en charge des fibromes utérins, cette technique a progressivement démontré son intérêt dans certaines formes d’adénomyose.

Les recommandations internationales soulignent l’importance d’une évaluation multidisciplinaire afin de sélectionner les patientes susceptibles de bénéficier le plus de cette approche mini-invasive.

Comment se déroule l’embolisation de l’adénomyose ?

L’embolisation est réalisée par un radiologue interventionnel dans une salle spécialement équipée d’imagerie médicale.

L’intervention consiste à introduire un fin cathéter dans une artère, généralement au niveau de l’aine, puis à le guider sous contrôle radiologique jusqu’aux artères utérines.
De très petites particules sont ensuite injectées afin de réduire l’apport sanguin vers les zones d’adénomyose responsables des symptômes.

Cette diminution de la vascularisation entraîne progressivement une régression de l’activité inflammatoire et du volume des tissus concernés.
L’objectif n’est pas de retirer l’utérus mais de diminuer les mécanismes à l’origine des douleurs et des saignements.

L’intervention est généralement réalisée sous sédation associée à une prise en charge adaptée de la douleur.
La durée varie selon les situations mais reste souvent comprise entre une et deux heures.

Après le geste, une surveillance médicale est assurée afin de contrôler les douleurs pelviennes transitoires pouvant survenir dans les premiers jours.
La majorité des patientes retrouve rapidement ses activités habituelles comparativement à une chirurgie conventionnelle.

Quels résultats peut-on attendre après une embolisation ?

Les données scientifiques publiées ces dernières années montrent des résultats encourageants concernant l’amélioration des symptômes liés à l’adénomyose.

Plusieurs études rapportent une diminution significative des saignements menstruels et une réduction des douleurs pelviennes chez une majorité de patientes.
Une amélioration de la qualité de vie est également fréquemment observée dans les mois suivant l’intervention.

Les bénéfices apparaissent généralement progressivement. Certaines patientes constatent une amélioration dès les premières règles suivant le traitement, tandis que d’autres observent une évolution plus graduelle sur plusieurs mois.

Comme tout acte médical, l’embolisation présente néanmoins certaines limites. Les résultats peuvent varier selon l’étendue de l’adénomyose, la présence éventuelle de fibromes associés ou encore les caractéristiques individuelles de chaque patiente.

La question de la fertilité après embolisation doit également être abordée au cas par cas avec l’équipe médicale.
Bien que des grossesses soient possibles après le traitement, les recommandations actuelles préconisent une discussion personnalisée lorsque la patiente présente un projet de grossesse.

À proximité de Paris et du Val-de-Marne, les patientes peuvent bénéficier d’une évaluation spécialisée au sein du centre IMEF de Champigny-sur-Marne, où l’imagerie joue un rôle central dans le diagnostic, le suivi et l’orientation thérapeutique des pathologies gynécologiques.

En conclusion

L’embolisation utérine représente aujourd’hui une alternative mini-invasive intéressante pour certaines femmes souffrant d’adénomyose symptomatique.
En réduisant les douleurs pelviennes et les saignements abondants, cette technique peut permettre d’améliorer significativement la qualité de vie tout en évitant, dans certains cas, une chirurgie plus lourde.

La décision thérapeutique doit toutefois être prise après une évaluation personnalisée associant gynécologue, radiologue interventionnel et examens d’imagerie adaptés.

Sources

FAQ

L’embolisation guérit-elle définitivement l’adénomyose ?

L’embolisation ne supprime pas totalement la maladie mais vise à réduire durablement les symptômes, notamment les douleurs pelviennes et les saignements abondants. Les résultats peuvent se maintenir plusieurs années chez de nombreuses patientes.

L’embolisation de l’adénomyose est-elle douloureuse ?

L’intervention provoque une phase douloureuse initiale liée à l’ischémie induite sur les lésions d’adénomyose. Cette période douloureuse est physiologique et nécessite une prise en charge de la douleur pendant quelques jours. Ces douleurs sont plus importantes les 48 premières heures et sont généralement bien contrôlées par le traitement antalgique.

Combien de temps faut-il pour récupérer après une embolisation ?

La récupération est souvent plus rapide qu’après une chirurgie conventionnelle. La plupart des patientes reprennent leurs activités quotidiennes en quelques jours à deux semaines selon leur état général. La reprise du sport ne nécessite pas de délai particulier car il n’y a aucune cicatrice sur la paroi abdominale.

Peut-on tomber enceinte après une embolisation de l’adénomyose ?

Des grossesses sont possibles après embolisation, mais chaque situation doit être évaluée individuellement. Le désir de grossesse doit être discuté avec l’équipe médicale avant toute décision thérapeutique. La recherche d’anastomoses utéro-ovariennes est une étape importante avant de procéder à l’embolisation, afin de ne pas compromettre la fertilité. Cette recherche nécessite l’expertise du radiologue interventionnel.

Quelle est la différence entre adénomyose et endométriose ?

L’adénomyose correspond à la présence de tissu endométrial dans le muscle utérin, tandis que l’endométriose se caractérise par la présence de ce tissu en dehors de l’utérus. Ces deux entités sont très proches et peuvent parfois être associées.

Quand envisager une embolisation plutôt qu’une hystérectomie ?

L’embolisation peut être proposée lorsque les symptômes persistent malgré les traitements médicaux et qu’une approche moins invasive qu’une hystérectomie est souhaitée ou jugée adaptée au profil de la patiente.

Article rédigé par DR LAOUISSET

Le docteur Liess Laouisset est radiologue interventionnel depuis plus de 10 ans. Découvrez ses actualités