Embolisation de l’adénomyose : une solution pour réduire les douleurs et saignements

Publié le 11 mars 2026 .

Pathologies

Longtemps sous-diagnostiquée, l’adénomyose est une affection gynécologique fréquente pouvant entraîner des règles très abondantes et des douleurs pelviennes invalidantes. Lorsque les traitements médicaux ne suffisent plus ou sont mal tolérés, l’embolisation apparaît aujourd’hui comme une alternative efficace et moins invasive à la chirurgie.

embolisation de l’adénomyose avec le Dr Laouisset | Val-de-Marne

Comprendre l’adénomyose et son impact sur la vie quotidienne

L’adénomyose correspond à la présence anormale de tissu endométrial (muqueuse qui tapisse normalement l’intérieur de l’utérus) au sein du muscle utérin, appelé myomètre. Cette infiltration entraîne un épaississement diffus ou localisé de la paroi utérine, responsable de symptômes parfois très marqués.

Selon la Haute Autorité de Santé (HAS) et les données issues de la littérature internationale, l’adénomyose toucherait jusqu’à 20 % des femmes en âge de procréer, avec un pic de fréquence entre 35 et 50 ans.
Elle se manifeste principalement par des règles abondantes (ménorragies), des douleurs pelviennes chroniques et des dysménorrhées importantes. Ces symptômes peuvent altérer significativement la qualité de vie : fatigue liée aux pertes sanguines, absentéisme professionnel, retentissement sur la vie intime.

Le diagnostic repose sur l’imagerie, en particulier l’échographie pelvienne spécialisée et l’IRM. Dans certains cas, un avis en radiologie interventionnelle permet d’envisager des alternatives thérapeutiques adaptées à chaque situation.
Au sein du centre Imagerie Médicale de l’Est Francilien (IMEF), situé à Champigny-sur-Marne, l’évaluation repose sur un bilan précis afin de proposer un traitement personnalisé, notamment lorsque la chirurgie n’est pas souhaitée.

Pourquoi l’embolisation séduit de plus en plus de patientes ?

L’embolisation de l’adénomyose est une technique issue de la radiologie interventionnelle. Initialement développée pour traiter les fibromes utérins, elle est désormais reconnue comme un traitement pertinent et non chirurgical contre l’adénomyose dans des indications bien sélectionnées.

La procédure consiste à obstruer sélectivement les artères utérines à l’aide de microparticules injectées par un cathéter, généralement introduit par l’artère fémorale (à l’aine). En diminuant l’apport sanguin au tissu pathologique, on entraîne une réduction progressive de l’inflammation et du volume utérin, ce qui permet de réduire les saignements de règles abondantes et d’obtenir un soulagement de la douleur pelvienne.

Cette procédure mini-invasive contre l’adénomyose présente plusieurs avantages :

  • Absence d’ouverture chirurgicale et conservation de l’utérus
  • Hospitalisation courte (souvent 24 à 48 heures)
  • Reprise rapide des activités quotidiennes

Les recommandations de sociétés savantes comme la Société Française de Radiologie (SFR) et les études publiées dans des revues internationales (notamment CardioVascular and Interventional Radiology ) confirment l’efficacité de l’embolisation pour diminuer les symptômes chez une majorité de patientes, avec un taux d’amélioration significatif des ménorragies et des douleurs dans plus de 70 % des cas à moyen terme.

Comme tout acte médical, l’embolisation nécessite une évaluation rigoureuse des indications, notamment en cas de projet de grossesse. Elle est réalisée sous contrôle radiologique, dans un environnement sécurisé, par des radiologues interventionnels expérimentés.

Quels résultats peut-on espérer après le traitement ?

Les bénéfices de l’embolisation ne sont pas immédiats mais progressifs. Dans les semaines suivant l’intervention, les douleurs pelviennes tendent à diminuer, et les cycles menstruels deviennent moins abondants au fil des mois.

Les études cliniques montrent :

  • Une diminution significative des pertes menstruelles
  • Une amélioration de la qualité de vie évaluée par des scores validés
  • Une réduction du volume utérin observée à l’IRM de contrôle

La plupart des patientes décrivent un réel soulagement à trois mois. Dans certains cas, une symptomatologie résiduelle peut persister, et un suivi régulier est nécessaire. Les complications restent rares mais peuvent inclure douleurs transitoires, syndrome post-embolisation (fièvre modérée, douleurs pelviennes), ou exceptionnellement infection.

L’accompagnement post-procédure est un élément essentiel de la prise en charge. Au centre IMEF, un suivi personnalisé est organisé afin d’évaluer l’évolution clinique et d’adapter la stratégie si nécessaire, en lien avec le gynécologue traitant.

Embolisation, traitement hormonal ou chirurgie : que choisir ?

La prise en charge de l’adénomyose dépend de l’intensité des symptômes, de l’âge, du désir de grossesse et des préférences de la patiente.

Le traitement hormonal (progestatifs, dispositif intra-utérin au lévonorgestrel, analogues de la GnRH) constitue souvent la première ligne thérapeutique. Il peut permettre de contrôler les saignements et les douleurs, mais son efficacité est parfois incomplète et les effets secondaires peuvent limiter l’adhésion au long cours.

La chirurgie, notamment l’hystérectomie (ablation de l’utérus), représente une solution radicale et définitive, mais elle implique une intervention plus lourde et l’impossibilité de grossesse ultérieure. Des techniques conservatrices existent, mais elles sont techniquement complexes et réservées à des cas particuliers.

Entre ces deux approches, l’embolisation se positionne comme une alternative intermédiaire, conservatrice et moins invasive. Elle permet de traiter les symptômes sans retirer l’utérus. Le choix thérapeutique doit être discuté lors d’une consultation spécialisée, dans le cadre d’une décision médicale partagée, conformément aux recommandations françaises.

À Champigny-sur-Marne, le centre Imagerie Médicale de l’Est Francilien (IMEF) s’inscrit dans cette logique de parcours coordonné, en proposant une expertise en radiologie interventionnelle gynécologique et en collaborant étroitement avec les professionnels de santé du territoire.

En conclusion

L’embolisation de l’adénomyose constitue aujourd’hui une option thérapeutique sérieuse pour les femmes souffrant de règles abondantes et de douleurs pelviennes persistantes. Cette technique mini-invasive, validée par la littérature scientifique, permet dans de nombreux cas de réduire les symptômes tout en évitant une chirurgie lourde.

Chaque situation étant unique, une évaluation spécialisée reste indispensable pour déterminer l’indication la plus adaptée. Informer, expliquer et personnaliser la prise en charge sont les clés d’un traitement efficace et sécurisé.

Article rédigé par DR LAOUISSET

Le docteur Liess Laouisset est radiologue interventionnel depuis plus de 10 ans. Découvrez ses actualités